Déclaration à la séance du Comité Social et Economique du 26 février 2020

Les dernières séances du CSE, tout comme celles du CE avant lui, ont été l’occasion de témoigner sur la situation des agents qui intègrent les nouveaux locaux (Lieusaint, Champs) ou qui voient leur site remanié à l’occasion de leur intégration dans Urssaf 2020 (Saint-Ouen, Dammarie).

Problèmes d’éclairage, de bruit, de chauffage, matériels manquants, en panne ou détériorés, connexions et wifi défaillants.

Tous ces problèmes nous sont exposés invariablement lors de nos tournées de prises de parole.

Ce n’est pas la bonne volonté des personnels des services immobiliers, RH ou informatique qui est mise en cause dans ces nombreux dysfonctionnements que subissent nos collègues. Il apparait à l’évidence que tous ces désordres résultent en grande part de la procédure budgétaire mise en place pour ces opérations et de la mise en œuvre du projet URSSAF 2020.

Nous comprenons bien la mécanique d’acquisition ou de location « en état de futur aménagement » c’est-à-dire en laissant le promoteur se charger des travaux d’aménagement, puisque le bâtiment n’est après-tout pas notre cœur de métier, mais ce contre quoi nous protestons, c’est le niveau des dotations budgétaires plus qu’insuffisantes qui conduisent immanquablement à cette non-qualité que nous subissons lors de l’entrée dans chacun de nos sites.

Nous savons bien que l’entrée dans un nouveau local s’accompagne le plus souvent d’une période où l’on « essuie les plâtres » mais si cette phase est tolérable pour un projet personnel, elle ajoute du stress et de la pénibilité pour un déménagement subi, ce qui est le cas pour la majorité de nos collègues.

Mais au-delà de toutes ces malfaçons – dont on espère qu’elles pourront se régler – et au-delà de ce choix si décrié des implantations en open-space qui font l’unanimité contre elles, les témoignages recueillis chez nos collègues des sites pointent du doigt l’incroyable impréparation et le manque d’anticipation de ce projet.

Nos tournées nous font invariablement prendre conscience de l’aggravation du stress, allant parfois jusqu’à de la souffrance, pour certains de nos collègues.

Les déménagements par vagues placent certains de nos collègues dans des situations invraisemblables : postes non pourvus dans divers sites (correspondant bureautique, GLRH), manageurs qui font la navette entre plusieurs équipes…

Les journées d’entraides de plus en plus fréquentes, les glissements incessants de comptes cotisants font perdre tout repère à chacun et font perdre à chacun la notion de ce qu’est son travail. Force est de constater que l’entraide devient la règle, qu’une habitude de travail dans l’instant se généralise et que le suivi des dossiers se perd.

On ne parle plus que de stocks et d’objectifs, et cette culture de la productivité qui se répand a pour effet de nuire à la qualité du traitement des dossiers et induire encore un peu plus de stress pour les collègues.

Et personne n’est épargné nulle part.

Les inspecteurs ont parfois le désagrément de se trouver affectés sur un secteur qui n’est absolument pas celui qu’on leur avait annoncé, de se trouver surchargés de dossiers relevant d’un secteur inconnu. Sans compter la part de désagrément liée aux sites : à Champs-sur-Marne par exemple, le logiciel permettant la gestion des places de parking les jours de remises n’est toujours pas disponible.

Et que dire de nos collègues qui viennent des ex-caisses du SSI ? Leur arrivée les laisse parfois un moment sans connexion, voire sans outil, voire même sans accompagnement.

Quant aux collègues de Saint-Ouen, ils se demandent encore où est l’accompagnement de l’Urssaf dans leur intégration, tant ils ont le sentiment d’être oubliés.

« Intégration ? Quelle intégration ? » nous disent-ils.

Et que dire des formations – parfois bien organisées – mais souvent malheureusement approximatives, voire inadaptées ? Elles ressemblent bien souvent plus à une simple initiation, tournant même au « débrouille toi » avec un paquet de modes opératoires à la clef.

La tension monte dans tous les secteurs et des problèmes que l’on pourrait qualifier de secondaires, comme des toilettes bouchées, des lunettes de WC inadaptées ou du papier manquant (il va sans dire que cette liste n’est pas exhaustive) créent une surenchère au mal-être des personnels.

La CFDT qui, on le rappelle, pas plus que nos collègues, n’a voulu ce projet demande :

  • Que soit enfin prise en compte la souffrance dans laquelle le projet URSSAF 2020 place nos collègues.
  • Qu’un véritable accompagnement soit mis en place.
  • Que les mesures visant à prendre en compte de la charge de travail soient pilotées autrement qu’à courte vue.
  • Qu’un chantier, à la mesure des attentes du personnel et des résultats attendus par la tutelle, soit engagé afin de fournir à nos collègues des outils « performants » pour accomplir leur travail.
  • Qu’un réel effort de distinction entre « ressources humaines » et « ressources matérielles » soit fait. Des moments et des espaces de convivialité ne peuvent suffire à reconnaitre l’implication des personnels. Une politique, salariale reconnaissant plus largement les efforts accomplis, serait la bienvenue.

A l’heure où le recouvrement de nombreuses cotisations est confié aux URSSAF – ce qui semble être une reconnaissance d’un savoir-faire – rien n’est fait en contre partie pour valoriser et reconnaitre l’engagement des salariés. Tout se fait avec des moyens financiers et techniques dont la courbe d’évolution ressemble à celle d’un encéphalogramme plat.

Cela, n’est plus acceptable.

Cette déclaration est une alerte, une alerte rouge. L’URSSAF ILE DE FRANCE va mal, notre responsabilité est de vous en aviser.

Il faut cesser le colmatage et penser réformes et changements, le bateau prend l’eau !!!!

Réformer les grilles de salaires et réformer les outils sont plus que jamais nécessaires.

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