FO et CGT cassent l’accord et pénalisent les salariés !

 

L’accord sur la formation professionnelle, signé par la CFDT, la CFTC et la CGC, ne s’appliquera pas. FO et CGT, parce qu’ils représentent plus de 50 % des voix aux élections professionnelles, ont fait jouer leur droit d’opposition pour casser cet accord. Avec, hélas, de nombreuses conséquences…

 

1/ Pas de garantie individuelle d’accès à la formation :

L’accord prévoyait, pour tout salarié laissé sans formation pendant 4 ans, un accès de plein droit la 5ème année, pour consolider ou acquérir de nouvelles connaissances (la loi prévoit 6 ans).

2/ Pas de lien renforcé entre formation et rémunération :

Un échange avec la hiérarchie, formalisé par écrit, était prévu avant toute formation qualifiante. Il devait permettre de contractualiser la manière dont les compétences acquises seraient traduites en termes de rémunération (points de compétences, niveau…).

pste-cfdt.org

Quant aux CQP (certificats de qualification professionnelle), ils devaient être rattachés, dès leur création, à un niveau minimum de rémunération auquel aucun organisme n’aurait pu déroger.

3/ l’activité tutorale n’est pas revalorisée:

L’accord prévoyait d’augmenter la prime de tutorat. Elle passait de 5 à 7 points par mois, par personne tutorée. Elle pouvait ainsi s’élever à 1816 € annuels (252 points maxi/an), contre 1297 € (180 points) précédemment. De plus, l’accord élargissait le champ des actions de formation éligibles à la prime, et donc augmentait de fait le nombre de bénéficiaires (3 500 tuteurs sont concernés). (Disposition qui ne s’appliquera, au mieux, qu’au bon vouloir des directions locales).

4/ Les salariés les plus précaires seront lésés :

Les salariés de niveau 1 à 2 sans qualification, et les salariés des niveaux 1 à 3 sous contrat à temps partiel contraint de moins de 24 heures/semaine (principalement dans les Ugecam) devaient bénéficier d’un abondement automatique du CPF dès lors qu’ils souhaitaient suivre une formation qualifiante.

5/ Pas de nouveaux outils mis à disposition :

Le droit à l’information, l’entretien professionnel, le droit au conseil en évolution professionnelle, le « passeport formation », les infos pour les CE locaux, resteront de simples concepts. Toutes ces avancées, supérieures à la loi, seront mises en œuvre, ou pas, selon des modalités variables d’un organisme à l’autre…

 

6/ Des risques pour l’institut 4.10 (INF) :

A terme, le volume de formations peut être affecté par l’absence d’accord. En effet, rien ne pourra empêcher certains employeurs d’en profiter pour réaliser quelques économies en réduisant la formation professionnelle à la portion congrue.  Et moins de formations, c’est un risque réel pour l’Institut 4.10 et ses salariés. Avec quelles conséquences au final ? Des suppressions d’emplois ?

 

Toutes ces dispositions passent donc à la trappe.      Et tout ça pour quoi ?                

Oui, sur quoi porte ce droit d’opposition ? FO et CGT contestent que certains des salariés en contrat de de professionnalisation (contrat pouvant aller jusqu’à 24 mois) puissent être embauchés en CDD, leur titularisation définitive étant liée à la réussite de leur examen.

FO et CGT s’opposent aussi à la prolongation des CDD pour le remplacement des personnes en longue maladie au-delà des six mois, alors que cette disposition permet le plus souvent à ces salariés d’être embauchés en CDI à la fin de leur contrat.

Il est à noter que ces dispositions – respectant la loi – existent pour les unes depuis 2005, pour les autres depuis 2010, et ont permis à des milliers de salariés d’être qualifiés, puis titularisés, et de faire carrière dans le régime général. A noter également que tous ces agents bénéficient, dès leur embauche, de tous les avantages liés à la convention collective.

Serait-il préférable de les renvoyer tous les six mois au chômage, alors qu’ils travaillent, sont formés, ont en perspective une embauche définitive et bénéficient d’un CE et d’une mutuelle ?

Pour la CFDT, la réponse est claire : Nous les préférons à nos côtés, même en CDD !

Le plus insensé, c’est qu’en cassant l’accord sur la formation que nous venons de signer, FO et CGT ne changeront rien à la situation : Antérieures à cet accord, les dispositions qu’ils combattent continueront à s’appliquer !

Seul véritable résultat de cette action : Les 160 000 salariés du régime général seront pénalisés, car de nombreuses mesures destinées à faciliter l’accès à la formation et la construction de parcours professionnels ne seront pas mises en place.

Faut-il avoir des craintes pour l’avenir ?

Sans faire de syndicalisme-fiction, nous pouvons être inquiets sur la pérennité de nombreux accords auxquels sont hostiles ces deux organisations syndicales, dont en premier lieu l’intéressement.

 

FO et CGT représentant à elle deux plus de 50 % des voix aux élections professionnelles, elles ont le pouvoir de casser tout accord qui ne leur conviendrait pas, et leur opposition sur l’accord formation est en soi une escalade inquiétante.

 

A chaque électeur de bien mesurer désormais l’importance de son vote.

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